Une histoire cousue de fil blanc
L’îlot Gambetta aujourd’hui baptisé la Fabrique des savoirs a ouvert ses portes le 15 octobre. Proposant des activités multiples, la réhabilitation du lieu permet de rendre hommage au glorieux passé textile d’Elbeuf.
On dit souvent que certains lieux ont une âme, c’est le cas ici. Dès qu’on pénètre dans ce bâtiment, impossible de ne pas penser aux milliers d’ouvriers qui ont travaillé dans ces murs. Impossible aussi de ne pas se remémorer cette famille Blin qui a révolutionné l’activité textile d’Elbeuf.
L’histoire commence en 1871 lorsque les Blin s’installent au sud de la ville, sur un vaste terrain, car la nouvelle organisation de la confection des draps qu’ils mettent en place nécessite de beaucoup d’espace.
L’idée est que l’ensemble des étapes de fabrication, du triage de la laine jusqu’à ses apprêts, se fassent dans les mêmes locaux grâce à un système entièrement mécanisé.
D’abord établie sur un site, l’usine s’agrandit très rapidement et occupe plus de 18 000 m2 en 1890. À cette même période, un bâtiment annexe est construit, il correspond aujourd’hui à la Fabrique des Savoirs. Dans cet édifice se trouvent des ateliers de mélange de la laine, d’échardonnage, d’encollage, d’ourdissage, de séchage, de tissage ainsi qu’un magasin.
Dans les années-phare, vers les années 1920, l’entreprise compte près de 100 000 m2 de bâtiments et plus de 2 000 ouvriers.
Ce qui frappe dans l’histoire du lieu, c’est son étendue tentaculaire, presque inhumaine, et la politique sociale voire paternaliste de la famille Blin à l’égard de ses ouvriers.
Cette politique tend à les protéger en créant des sociétés de secours mutuels qui prennent en charge les frais pharmaceutiques, funéraires et des versements d’indemnités en cas de maladie.
Malgré tout, au fil des ans, l’entreprise devient obsolète et les difficultés arrivent après guerre. La fermeture définitive de l’usine Blin et Blin en 1976, crée un véritable traumatisme dans la ville.
Mais pas question d’effacer le précieux témoignage du passé. Après une première opération de reconversion de plusieurs bâtiments achevée en 1983, c’est aujourd’hui au tour de l’îlot Gambetta.
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