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28/08/2012

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28/06/2012

Enrique Thérain

Chaque été, les Musicales de Normandie proposent une série de concerts dans différents lieux du patrimoine régional. Rencontre avec le créateur de ce festival.
 

Vous êtes à l’origine des Musicales de Normandie, qu’est-ce qui vous a conduit à créer ce nouveau festival ?

Je suis d’origine haut-normande, du Pays de Bray, et j’ai commencé à travailler dans la musique classique il y a environ 10 ans. Et c’est en regardant un guide des festivals d’été, il y a maintenant 7 ans, que je me suis aperçu qu’il n’y avait pratiquement rien en Normandie. Je me suis dit que c’était dommage, d’autant qu’il y a ici un patrimoine historique assez exceptionnel. J’ai donc créé ce festival de musique classique. La première année, nous avons donné 4 concerts dans la cathédrale de Rouen et dans des églises de Rouen. Ensuite, d’année en année, les Musicales ont pris de l’ampleur, à la fois en nombre de concerts mais aussi en nombre de lieux dans toute la région. Le public a répondu présent, tout comme les tutelles, les mécènes et les collectivités.
 

Au début, vous étiez seul ?

Oui, ensuite, nous avons créé une association. Essentiellement ma famille, des amis, une petite quinzaine de personnes, des bénévoles, pour faire fonctionner la structure. Depuis 3 ans les choses ont un peu changé avec une administration professionnelle.
 

Quelle est l’orientation de votre programmation pour cette édition 2012 ?

Elle est fidèle à ce que nous avons toujours développé dans le festival. Une présence importante de l’Angleterre dans notre programmation. Nous avons la chance cette année d’accueillir 3 chœurs. Voces8, un ensemble qui navigue entre musiques savantes et jazz ; Clare College, le collège spécialisé dans la musique dont les étudiants vont interpréter « la Création » de Haydn, et enfin Oxford Voices, un magnifique chœur, spécialisé dans la musique renaissance et baroque, et qui a déjà plusieurs fois participé au festival.
Une orientation, assez forte pour nous, concerne les récitals de grandes voix. Nous en proposons 4 cette année, avec Marie Gautrot, Sophie Marin-Degor, Chantal Santon et Magali Léger.
Autre axe important dans le festival, même s’il est moins présent cette année, c’est la musique romantique française. La Normandie est un carrefour culturel énorme pendant tout le 19e siècle. Debussy, Ravel, Satie… tous ces compositeurs sont passés en Normandie, ont composé en Normandie.
 

Quelles nouveautés proposez-vous cette année ?

Le piano ! Nous avons peu proposé de concert de piano jusqu’à maintenant car nous n’avions pas de salle adéquate, les églises ne se prêtent pas vraiment à ce type d’instrument. Et il y a une salle qui est formidable pour le piano, c’est la salle Sainte-Croix-des-Pelletiers. Nous accueillons donc 3 grands pianistes : Zhu Xiao-Mei, Vanessa Wagner et Bertrand Chamayou.
Et je ne veux pas oublier le concert d’ouverture, avancé cette année puisque nous l’avons donné le 16 juin. Un concert exceptionnel, avec l’orchestre Les Siècles, dirigé par François-Xavier Roth, à l’occasion de la réouverture au public de la nef de l’abbatiale de Jumièges.
 

Les Siècles et François-Xavier Roth sont des fidèles du festival…

C’est un des meilleurs orchestres français qui a la particularité de jouer chaque répertoire sur les instruments historiques appropriés. Ainsi, chaque musiciens peut jouer d’une dizaine d’instruments pour couvrir la période du baroque jusqu’à aujourd’hui. L’orchestre a aussi reçu de nombreux prix au Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse, en Autriche…
 

Lorsque vous préparez le festival, comment est guidé votre choix des lieux et des musiciens invités ?

C’est un sacré puzzle à réaliser car il y a beaucoup de paramètres. Nous sommes un festival « itinérant » puisque nous changeons de lieu tous les jours. Je choisis des artistes que j’affectionne particulièrement pour leurs qualités et nous essayons de positionner les concerts en fonction de l’adéquation entre le répertoire, la forme proposée par les artistes et la dimension des lieux. Par exemple, un oratorio, nous le ferons à l’abbatiale Saint-Ouen. Parfois, il nous faut aussi faire des compromis.
 

Quel est votre parcours personnel, comment êtes-vous arrivé à la direction de ce festival ?

C’est un choix que j’ai fait par passion. J’ai fait une école d’ingénieur au départ. Une fois diplômé, je me suis posé la question de ce que je voulais vraiment faire. Ma passion pour la musique a orienté mon choix : chanteur. Ce qui explique la forte présence de la voix, des chœurs dans la programmation du festival (rires). D’ailleurs, j’ai cité les chœurs anglais, je ne veux pas oublier le chœur français Les Métaboles qui se produira à Rouen.
 

Un dernier mot pour les lecteurs du magazine ?

Venez savourer la musique jouée par les interprètes les plus talentueux du moment dans des lieux qui ont une âme. Des lieux qui ont vécu. Cela ajoute une dimension. C’est formidable de faire résonner la musique dans ces lieux.
 
 
Au programme dans la CREA
 
13 juillet, Rouen, abbatiale Saint-Ouen, 20h30, Clare College Music Society, Haydn, « La Création ».
28 août, Rouen, abbatiale Saint-Ouen, 20h30, Oxford Voices, « Hymnes à la Vierge » et thèmes populaires.
29 août, Rouen, salle Sainte-Croix-des-Pelletiers, 20h30, Vanessa Wagner, piano.
30 août, Petit-Quevilly, chapelle Saint-Julien, 20h30, Ensemble Rosasolis, « Le passioni dell’anima ».
31 août, Rouen, salle Sainte-Croix-des-Pelletiers, 20h30, Bertrand Chamayou, piano.
1er septembre, Rouen, église Saint-Vivien, 20h30, Ensemble Les Métaboles Les Goûts réunis ou l'Europe baroque.
2 septembre, Saint-Martin-du-Vivier, église, 18h30, Ensemble Suonare E Cantare, Les Fables de Venise.
 
Renseignements et programme : 09 53 23 27 58, www.musicales-normandie.com
 

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