09/01/2012
Keino Perez
Rencontre avec Keino Perez, à la fois lanceur et leader de l’équipe élite des Huskies.
Quel est votre rôle au sein du club des Huskies ?
Sur le terrain, je suis lanceur ou « pitch ». Un poste clé puisque j’ai pour rôle de limiter l’attaque de l’équipe adverse et d’orienter le jeu. Mais le baseball, et c’est pour cela que j’aime ce sport, est avant tout un sport d’équipe, où la force du collectif prime sur l’individualité. Cela permet de remporter certains matchs pas évidents sur le papier. Pour preuve, nos différentes victoires en Coupe d’Europe contre l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Allemagne ou encore la Belgique !
Vous parlez de votre place sur le terrain, mais en dehors, que faites-vous d’autre ?
Le club des Huskies est un très bon club avec des moyens financiers à la hauteur de ses ambitions. J’y assure l’entraînement des joueurs depuis trois ans, tous postes confondus. Durant l’hiver, nous nous entraînons 3 fois par semaine, dont deux fois en salle, à Saint-Exupéry ou à la Grand-Mare.
Je viens également d’intégrer, depuis fin novembre, le Pôle France baseball où j’assure la formation des lanceurs. Cette master class, constituée de 21 joueurs recrutés par Sylvain Virey, a l’ambition et les moyens de former des joueurs de niveau national et international. C’est un travail très intéressant et très prenant. J’ai d’ailleurs dû pour l’occasion quitter l’emploi que j’avais à la pizzeria « le Châlet » à Saint-Sever.
Keino, vous êtes vénézuélien. Que a été votre parcours avant d’arriver au club rouennais ?
Dans mon pays d’origine, le baseball est considéré comme le sport national. Au même titre que le foot en Europe et ailleurs, c’est un moyen d’ascension sociale important. Les enfants dès l’âge de 5-6 ans commencent donc à y jouer. Pour ma part, ma carrière professionnelle a débuté à l’âge de 17 ans, après qu’un « scout », un recruteur, m’a repéré. Après une année dans un camp d’entraînement en République Dominicaine, je suis passé par différents clubs étrangers, aux États-Unis (Kansa City, Cleaveland), en Colombie, au Venezuela et pour finir aux Pays-Bas, de 2002 à 2005.
Vous avez régulièrement voyagé durant votre carrière, pensez-vous rester en France ?
Oui. Je vais bientôt fêter mes 33 ans et j’aspire maintenant à plus de stabilité. Même si l’âge n’est pas forcément un facteur prédominant à la pratique du baseball, les carrières professionnelles sont relativement courtes. Le club des Huskies m’a de plus permis de faire venir en France mon épouse, rencontrée lors de mon passage à Almere en Hollande. Nous avons un petit garçon de deux ans et cherchons actuellement à acheter une maison.
Être loin de votre pays natal n’est pas trop difficile ?
J’ai la faculté de pouvoir facilement m’adapter aux pays et aux gens que je rencontre. C’est d’ailleurs en partie ce qui m’a permis de mener cette carrière professionnelle. Bien sûr, ma famille me manque mais pas au point de vouloir quitter la France. Je retourne donc en moyenne un mois tous les deux ans au Venezuela. Et internet nous permet d’échanger plus régulièrement. Mon frère, par contre, qui était aussi joueur à Rouen avait le mal du pays. Il y est retourné en 2008.
Les prochaines dates à ne pas manquer ?
La saison reprend le 18 mars contre Montpellier, un de nos concurrents directs. L’équipe rouennaise est motivée par la saison à venir et décidée à conserver son titre de champion de France 2011. Pour ma part, j’espère obtenir de meilleurs résultats personnels.
Un mot pour nos lecteurs ?
À pratiquer ou à regarder, le baseball est un sport complet. Physique, tactique et collectif. Néanmoins sa promotion reste à faire. Cela passe par de l’initiation, de la publicité, par l’amélioration des gradins et la mise en place de mini-terrains pour les enfants qui accompagnent les parents. Autant de projets que le club et moi-même espérons mener à bien. Dans l’immédiat, venez nous encourager et partager avec nous ces bons moments !
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